Partagez|

It's look like an adventure [T.L]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage

Invité
Invité

MessageSujet: It's look like an adventure [T.L] Jeu 3 Juil - 13:17

L'herbe est toujours plus verte de l'autre côté. Je n'avais jamais vraiment compris ce proverbe. Mais c'était comme tout. Il avait pris un tout autre sens ; son véritable sens, le jour où la première fois, je l'avais expérimenté.

J'avais cette cousine qu'on ne voyait qu'une fois l'an lorsque nos familles se retrouvaient, aux longs cheveux et aux boucles blondes dont les reflets n'étaient visibles que lorsqu'il n'y avait que le soleil pour miroiter dessus. Je lui avais envié cette robe qu'elle portait ce jour d'été là, le jour de mon anniversaire. J'avais ressenti ce désir au fond de moi, les traits se dessiner devant mes yeux, de moi, portant la même robe, mais avec son corps au formes plus avancées que les miennes parce qu'elle avait deux de plus que moi. J'avais eu de beaux cadeaux, mais était demeuré ce petit pincement au cœur à chaque fois que je lorgnais de son côté à l'autre bout de la table durant le repas, me remémorant le toucher du tissu lorsque je l'avais effleuré un peu plus tôt. C'était cette même robe que je portais aujourd’hui, parce qu'aujourd'hui également était un grand jour. Je l'avais évoqué plusieurs fois devant ma mère, cette fameuse soirée, remarquant qu'elle avait une couleur qu'on ne voyait pas souvent bleu vif, qu'elle n'était pas trop courte. Que je l'aimais bien. « Elle lui va très bien, tu as raison ». Elle m'irait très bien aussi, pensais-je. J'avais poursuivis dans la subtilité les jours suivants rappelant la robe lorsque le sujet s'y prêtait. Et puis nous étions allée dans la boutique, la même. J'avais demandé à l'essayer, oh, c'était un hasard ! C'était moi qui avait tout fait pour pénétrer dans cette boutique aux mur lumineux et aux couleurs de vêtements diverses ! J'avais insisté pour l'acheter, affirmant que ce n'était pas grave si nous avions la même. Ma cousine, elle n'était pas obligée de le savoir. Si je ne la portais pas en même temps qu'elle, elle n'en saurait rien.

Et puis elle avait aussi une baguette magique, comme celle de maman et comme celle de papa et comme les autres membres de notre famille en âge d'en posséder une. L'herbe est toujours plus verte de l'autre côté et en l'occurrence du mien, elle n'avait même pas pris la peine de pousser, même si les graines avaient été semées. Car bientôt, j'allais aussi en avoir une.

Aujourd'hui, je l'avais. Elle était dans son écrin le même que lorsque le vendeur de baguettes me l'avait vendu. Lorsqu'elle s'était manifestée comme me désignant sa propriétaire officielle, elle avait frétillé sous mes doigts, le bois avait eu l'air vivant, et  ça avait fourmillé dans mes doigts jusqu'à ressentir une chaleur un peu tiède, comme lorsqu'on plonge la main dans la mer en été et que l'eau ne pique pas les paumes parce qu'elle est à température ambiante. Aujourd'hui, c'était le premier Septembre. Aujourd'hui était celui où je prenais le train où j'allais moi aussi faire ma première rentrée à Poudlard, d'où le choix de la robe. Il y avait un uniforme réglementaire qu'on devrait revêtir là bas mais je voulais aussi porter des vêtements dans lesquels la confiance en moi qui était loin d'être débordante pouvait s'exprimer. J'étais ma cousine. Je posai vivement ma main sur le pan de ma robe pour la plaquer sur mes cuisses parce que il y avait eu un coup de vent qui était allé jusqu'à s'infiltrer  sous mes jambes et mes doigts se recroquevillèrent sur le tissu pour le maintenir en place, pendant que de l'autre je gardais ma valise contre moi, la traînant avec un peu de difficulté. Je venais de dire au revoir à mes parents, juste en bas des deux marches qui menaient dans les compartiments du Poudlard Express, qui pour l'avoir imaginé, était... encore mieux que ça et c'était une sensation étrange que de voir le volume pour de vrai et non plus dans les limbes de mon esprit. Ils avaient déjà disparu dans la foule et alors que j'aurais sans hésitation demandé à mon père de m'aider à soulever mon bagage pour le mettre à bord du train, je n'osais pas lever les yeux vers les deux garçons, qui, plus âgés que moi, discutaient sur le bas côté. Priant pour que le vent ne révèle pas à toutes les personnes présentes dans le sillage la couleur de mes sous vêtements, j'abandonnais un instant ma robe en proie à son propre démon qui n'était autre que les conditions climatiques et attrapait la poignée de ma valise à deux mains pour la tirer en même temps que je grimpais dans le véhicule au prix d'un gros effort qui me fit trébucher, la semelle de ma chaussure tapant dans la moquette au lieu de glisser dessus. Mon genou cogna le coin de ma valise et je basculais vers l'avant mais sans tomber car je m'étais rattrapée au dernier moment. Je passai une main sur mon front, la ramenant vers l'arrière pour dégager mon visage de l'accumulation de cheveux qui me bouchait à présent la vue et pris deux ou trois grandes inspirations à cause de l'effort qui m'avait déjà essoufflée. Je n'eus toutefois pas le loisir de reprendre ma respiration car dans mon dos on se plaignait que je bouchais l'accès au train. Il ne s'était pas écoulée plus de quelques secondes. Je m'excusais d'une voix qui s'étouffa sous les rires de personnes qui passèrent dans le couloir en même temps, mais ne pris pas la peine de me répéter et filai du côté gauche, par défaut en quête d'un endroit libre.

Chacun des compartiments était occupé, et même s'il n'y avait parfois qu'une seule personne présente, tout le courage que j'avais en me répétant que je n'avais qu'à ouvrir la porte vitrée et entrer à l'intérieur car tout le monde avait le droit d'y aller se dissipait dès lors qu'un obstacle humain était dans le secteur. Je ne voulais pas parler, je ne voulais pas demander. Je voulais qu'on me laisse tranquille comme j'angoissais à l'idée de devoir faire le trajet toute seule. Finalement je finis par en dénicher un parmi les derniers qui était inhabité, calait mon bagage contre la fenêtre et m'assis sur la banquette au moment où le contrôleur du train siffla pour indiquer que nous allions nous mettre en route. La machine s'ébranla et je ramenai mes jambes sous mes cuisses pour être surélevée et aussi parce que c'était une position de protection que j'adoptais souvent pour regarder à l'extérieur, le paysage qui n'était que celui de la gare, mais qui déjà, commençait à se modifier.

Je pris une grande inspiration avant d'expirer ; jusqu'à maintenant, ça ne s'était pas si mal passé dans l'ensemble, tant que j'évitais au maximum à mon cœur de faire des bonds inexpliqué sous la panique de ne pas réussir à faire quelque chose et ne pas avoir l'air naturelle, quand pour d'autre, emporter sa valise jusqu'à son compartiment était tout à fait anodin, alors que pour moi, j'espérais que ça allait bien se passer et que je ne cessais de me répéter de ne pas embêter les autres ni avoir l'air trop encombrante avec mes grosses affaires.

Le danger était passé. Les dégâts limités eux aussi.

Je clignais des paupières car le ciel au dehors était clair et les rayons du soleil tapaient directement sur la couleur bleue de ma robe et je plissais quelques secondes des yeux afin de m'y habituer. Il y avait une drôle d'odeur ici, pas forcément désagréable, mais pas très agréable non plus, ça sentait le chocolat des chocogrenouilles, mais c'était gênant parce qu'il se mélangeait également à la transpiration d'autres élèves passés ici avant moi et les effluves me remontaient dans le nez de temps à autre et en faisait froncer le bout.

Comme lorsque j'étais entrée précédemment la porte du compartiment grinça parce qu'elle était un peu dure à ouvrir, il fallait forcer un peu dessus. Je tournais automatiquement ma tête en direction de l'origine de ce bruit et l'anxiété qui s'était évaporée le temps de m'installer confortablement s'infiltra en même temps que la fille dans l'habitacle, n'éprouvant aucune culpabilité, à mon inverse de venir troubler la solitude de la seconde personne déjà présente. Muette je ne lui souhaitais pas la bienvenue, mais ne ressentait pas non plus le besoin d'animosité qu'il pouvait y avoir parfois, lorsqu'on ne se sentait pas vraiment en sécurité. J'attendais qu'elle parle la première, un facile bonjour comme je le disais à mes parents le matin au réveil m'apparaissant soudain comme le mon Everest.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: It's look like an adventure [T.L] Jeu 3 Juil - 13:45

Trois heures.
Trois heures que j’étais égaré dans les complexes de la gare de Kingcross. Trois heures que j’avais passé à tirer la conclusion que les gens de la capitale étaient de parfaits radins. Trois heures que je passais de passant en passant, le sourire aux lèvres à quémander une livre et demi pour me désaltérer le gosier. Trois heures de perdues dans ma vie, en plus, je crevais de soif. Je n’avais rien en commun avec Jésus, je n’étais pas du genre à être en mesure de passer des décénies sans boire ni manger. Mais voilà, depuis mon réveil à Liverpool, jusqu’ici je n’avais rien bu ni manger, et la dame pipi m’avait confisqué ma dernière pièce pour me soulager alors. Vous vous demandez alors pourquoi je n’allais pas me poser dans un bar pour demander à boire, je vous répondrais parce que ce n’était juste pas un truc que je faisais. C’était juste trop triste de se retrouver à boire un truc aussi plat, même quand il s’agissait d’une question de survie. J’étais comme une de ses vieilles game gear, pour marcher j’avais besoin d’énergie : pas de cette vieille pile sans marche que j’aurais sucée en deux secondes, donnez-moi de la duracell avec le lapin rose qui court !


- Excusez-moi madame.
Rien… Pas de réponse. On avait vite fait de m’ignorer, une gamine de onze ans qui errait avec une grosse valise et un sac à dos, habillée un vieux sweatshirt blanc, et d’un jean troué au niveau des genoux. Je devais donner l’impression d’être une fugueuse ou un truc comme ça. Dans tous les cas j’étais asses repoussante pour que même une vieille dame ne s’attarde pas plus que ça sur mon sort. Vexée ? Je l’étais un peu, mais bon, ce n’est pas comme si j’allais me lancer dans une carrière de pick pocket pour le temps qu’il me restait à errer sur les quais. Puis on me percuta, assez fort pour que j’avance de plusieurs pas en avant pour ne pas perdre l’équilibre. Juste comme ça, sans un regard, un monsieur en costard venait de me marcher dessus comme si j’étais un simple fantôme. Je poussais la grimace, alliant le geste auquel on avait recours dans ces situations-là, en choisissant le doigt situé au milieu de ma main gauche pour clamer mon mécontentement.


En revenant à ma place d’origine je remarquais le portefeuille en cuir noir par terre. Je me baissais pour le ramasser, l’ouvrait pour voir s’il appartenait bien au type sur son trente et un. Aucun doute, je prenais de quoi payer ma boisson avant de jeter le portefeuille dans la poubelle la plus proche. Ca lui apprendrait à vouloir me griller, il n’était pas question que je me laisse brutaliser gratuitement. Même quand j’allais au lycée je rendais coup pour coup tous les trucs que l’on pouvait me balancer sur la tronche, ce n’était pas à King’s Cross que mes états d’âmes allaient changer. On m’avait bien précisé qu’à Poudlard le vol n’était pas autorisé, mais je n’y étais pas encore, et tant que je ne trouverais pas la voie où était censé m’attendre le Poudlard Express je n’y arriverai pas. En attendant je ressentais l’envie de m’acheter un coca, le reste pouvait attendre.

Je me dirigeais près d’un distributeur, insérait les pièces dans son ventre, pour laisser tomber une cannette de coca. Celle-ci ce coinça entre la paroi vitrée et le truc qui devait la laisser tomber. Je maudissais l’ingénieur qui avait conceptualisé la machine, et du regard je regardais autour de moi. Personne, je prenais mon élan et bousculer la machine comme s’il s’agissait d’un plaquage au rugby. La bobinette et la canette accompagnée par un paquet de chips cherra.
- Cool. Je me saisissais de la canette que je bus d’une traite avant de la jeter elle aussi dans la poubelle. J’avais soif. Parce que passer du temps dans un bus à ne rien faire ça crève, et chercher une voie qui n’existait pas encore plus. Il me restait le paquet de chips dans lequel je piochais tout en continuant de traîner des pieds à l’intérieur de la gare.
La voie 9 trois quart. Et pourquoi pas 6 septième tant qu’on y était ? C’était ridicule, et j’avais beau scruter entre la voie 9 et la voie 10, il n’y avait rien qui semblait indiquer l’existence d’un tel lieu. En règle générale j’étais plutôt débrouillarde, mais là je séchais pas mal. Je ne prenais pas le temps de m’inquiéter parce que j’estimais que l’exercice ne servait strictement à rien.


Je n’étais tout simplement pas du genre à crier au loup pour un oui ou pour un non. Je préférais arriver à mes fins moi-même. J’étais sur le point d’abandonner ma recherche lorsque mon téléphone sonna. Je venais de recevoir un message.

Il ne me fallut pas longtemps pour reconnaître le visage de Gengis sur la photo, et je me souvenais aussi que j’avais galérer à la lui prendre. Il s’était même débattu, mais j’avais gagnée. La photo était flou, mais avait le mérite d’exister, et sans réellement chercher à attendre j’ouvrais le SMS pour le lire.


« - Yo !
J’espère que tu as pris ton train pour ton école d’art.
Tu manques déjà !

Gen. »



Hum. Je poussais un léger soupir. Pourquoi lui avais-je dis que j’avais déboursé une bourse pour rejoindre une école selecte en Ecosse. C’était ridicule, mais je ne pouvais pas non plus lui annoncer la vérité. Que j’étais une sorcière et que par conséquent il valait mieux pour lui de ne pas traîner avec moi. C’était surréaliste et je n’étais pas certaine qu’il me croirait de toute façon. Je préférais ne pas répondre, c’était juste plus simple d’ignorer que de devoir faire face à la réalité. Je fermais le clapet du téléphone après l’avoir éteint, un nouveau regard lancé entre la voie 9 et la voie 10. Fais chier ! Toujours rien.

Je me pose. Je m’assois  sur ma valise et je regarde les gens passer. Il me reste quoi dix minutes ? Est-ce que je n’allais pas retourner à Liverpool plus rapidement que prévu ? Est-ce que trouver le train était un test ?

Je remarquais plusieurs personnes louches. Une famille entière qui se trimballait avec des chouettes et d’autres trucs que j’avais vus en mettant les pieds sur le chemin de traverse. Je posais mes deux pieds sur le sol, et tirait ma valise pour les suivre. Ils arrivèrent sur la plateforme, regardèrent autour d’eux, et foncèrent un a à un dans un mur pour disparaître.

Hugh. Comment ? Je voulais bien être ouverte d’esprit, mais foncer la tête baissée dans un mur me semblait être une mauvaise idée. Mes yeux étaient grand écarquillés, une fille plus âgée que moi arriva à ma hauteur.
- Tu vas à Poudlard pour la première fois ? Faut pas trop y penser tu sais. Et vlam, elle aussi se tapait un sprint vers le mur. Sueur froide dégoulinant le long de ma tempe… Non, non et non. Je refusais d’y croire, et pourtant. Les choses sont ce qu’elles sont non ? Je palpais le pilier à côté de moi. Il était dur lui. Je devais avoir l’air d’une défoncée.
- Jeune fille, vous faîtes quoi sur le quai ? Un contrôleur s’avançait vers moi à grandes enjambées, alors que je poussais sur tous les angles possibles et imaginables le pillier en face de moi. L’horloge de la gare m’indiqua qu’il ne me restait que cinq minutes, mon paquet de chips était vide… je n’avais plus vraiment le choix pas vrai ? Léger moment de panique, mes yeux affolés roulèrent de droite à gauche à la recherche d’une issue. Rien.
-  Rien. J’attends mon père. Mensonge. Un nouveau groupe folklorique me dépassait, et disparaissait derrière l’autre pilier. Je n’avais plus beaucoup d’autre option pas vraie ? L’homme de la gare détacha son attention de moi tout en grommelant, je saisis l’opportunité, je courrais, je courrais, je courrais, j’attendais l’impact. Encore une fois… Rien. J’ouvrais les yeux et pof, j’étais de l’autre côté. C’était génial, je voulais recommencer. Mais il ne me restait que deux minutes. Je poussais un long soupir, monter dans un train était pour moi une première mais j’étais à peu près certaine de comprendre le concept. C’était genre un tram ou un métro en plus rapide et au-dessus du sol. Je passais dans un compartiment qui était plein a craqué, tentant de fendre la foule d’adolescent. J’avais l’impression de m’être retrouvé au milieu de la file d’attente pour un concert d’One Direction. Pas un endroit où je souhaitais me retrouver si vous voulez le fin fond de ma pensée.


- Pardon… je veux juste passer. J’arrivais devant la porte d’un autre compartiment. Je dû un peu jouer avec la résistance de la porte coulissante parce qu’elle était un peu coincé, un peu comme les robinets de la salle de bain à la maison.

Celui-là semblait vide. Enfin, si je décidais d’ignorer la seule âme vivante qui me regardait avec ce genre de regard qui peut vous faire sentir de trop dans une situation comme celle-là. Pas forcément haineuse, mais quand même il y avait une légère inquiétude dans son regard. J’essayais de sourire, sans m’excuser pour autant parce qu’après tout j’avais moi aussi une place pour le Poudlard Express et elle n’allait pas me faire croire qu’elle avait payé toutes les places de ce compartiment. Je posais ma valise sans aucune gêne au lieu qui semblait le plus adéquat pour cela, et je me posais juste en face de cette curieuse créature qui devait avoir mon âge. Elle était plutôt jolie avec cette robe, et ses longs cheveux. À côté je devais passer pour une mendiante, ce qui n’était pas vraiment loin de la réalité.
- Alors t’es une sorcière toi aussi ? Évidemment qu’elle en était une… C’est bizarre hein… la voie 9 trois quart, on se demande à quoi ils ont pensé quand ils ont choisit le nom de la voie ! Genre pourquoi pas un tiers ?  Hum. Je m’éclaircissais la gorge pour ne pas avoir à rendre cette situation plus inconfortable qu’elle ne l’était déjà.
- Je suis Thea Liddel au fait, c’est ma première fois dans ce… Train. Est-ce qu’il est censé voler ? Parce que je n’ai pas vraiment pris de petit déjeuner ce matin alors… Je ne sais juste pas rendre les situations plus confortables en fait.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: It's look like an adventure [T.L] Sam 5 Juil - 15:04

Pas une seule seconde, je n'avais songé à lui demander de quitter la pièce ; ça aurait été impoli et je n'aimais pas ce genre d'impolitesse. Sans doute était-ce dû aussi à la présence de la nouvelle venue : sweat blanc, jeans troué rien qui n'aurait pu impressionner quiconque dans ce train et pourtant à la façon dont elle tenait ses épaules, je me sentais toute petite et pas uniquement parce que, sans m'en rendre compte, je me recroquevillais sur sur mon siège peut être dans le maigre espoir que celui ci allait me protéger de tous les dangers environnants. La sérénité que j'avais ressenti à l'idée de ne pas être perturbée dans le petit schéma que j'avais construit dans ma tête à propos de ce voyage avait disparu chamboulée par la présence de la fille. Rien ne disait qu'elle était méchante pourtant et sans la voir comme une antagoniste, l'aura qui se dégageait autour d'elle était inévitablement supérieure à la mienne. C'était instinctif, je ne sentais dans l'air que je respirais et qui ne m'appartenait plus. J'avais le droit de respirer bien sûr, qui n'avait pas le droit ? Mais ce n'était pas elle qui partageais mon air, c'était elle qui me prêtait un peu du sien. Fondamentalement, le problème ne venait pas spécifiquement de cette fille, car ce n'était pas la première fois que je ressentais cette émotion qui naissais au fond de mon estomac et qui m'intimait de laisser la place à ceux qui avaient une véritable âme de leader, lorsque je n'étais qu'une suiveuse, dans mon cas. Je ne m'en plaignais pas, mais il y avait des moments comme ceux ci par exemple qui pouvaient se révéler être particulièrement pesants à cause de ce constat, sans que pas un seul instant, je ne songe à vouloir tenter de m'imposer, parce que les lignes s'étaient modifiées pour ne plus être en ma faveur. C'était à moi de m'adapter. De m'adapter aux autres. C'était, ce que la plupart du temps, j'essayais de faire pour ne pas faire de vagues. Qu'on ne me demande rien. Qu'on me laisse tranquille.
- Alors t’es une sorcière toi aussi ? C’est bizarre hein… la voie 9 trois quart, on se demande à quoi ils ont pensé quand ils ont choisit le nom de la voie ! Genre pourquoi pas un tiers ?
Là aussi, alors que n'importe qui aurait trouvé de quoi rétorquer que c'était comme ça et puis c'est tout, parce que ça faisait partie du genre de questions existentielles que personne ne se posait, je fs désarçonnée par cette remarque que je trouvais tout à coup très juste : c'est vrai, pourquoi pas un tiers ? Ainsi, elle venait de me poser une colle et si je ne savais que lui répondre ne rien dire commençait à m'angoisser encore plus, car elle pourrait mal analyser la situation, songer que je la méprisais, alors que tout simplement, je n'avais aucune idée de comment réagir face à cela. J'eus un léger sourire dans sa direction, en attrapant une poignée de cheveux derrière mes oreilles et en coinçant mon coude sur mon ventre, pas dans une position très confortable, mais que je ne cherchais plus à modifier.

- Oui.
Je n'avais cependant pas mis longtemps à comprendre ses origines, sans doutes moldues à cause de ses précédentes phrases, mais je n'eus pas la témérité de lui annoncer que pour moi la surprise était moindre parce que c'était un milieu dont j'avais déjà connaissance et à la place, préférais me plier à son point de vue. Je ne sais pas... Je ne me suis jamais posée la question, avouai-je presque honteuse, tout en espérant qu'elle n'insiste pas trop sur cette question qui m’embarrassait plus qu'autre chose.

Ceci dit, j'étais la seule de nous deux à paraître mal à l'aise et quelque part, bientôt, sa décontraction me permit de me détendre à mon tour. Cela voulait dire que j'y étais aussi autorisée et j'arrangeais un peu ma position pour qu'elle me soi mon désagréable, me concentrant sur le paysage au dehors car si je la regardais trop longtemps dans les yeux, il y avait des risques que je ne me sente pas très bien de nouveau. Je faisais tout pour cacher ce conflit intérieur en tentant de paraître la plus naturelle possible et je souhaitais qu'elle n'ait rien remarqué, ce qui allait me permettre, par la suite de me mouver plus facilement dans son ombre.
- Je suis Thea Liddel au fait, c’est ma première fois dans ce… Train. Est-ce qu’il est censé voler ? Parce que je n’ai pas vraiment pris de petit déjeuner ce matin alors…
Comme elle me parlait encore, j'en concluais que j'avais l'occasion de la dévisager une nouvelle fois, tout en essayant de faire en sorte que cela ne soit pas trop visible. Tout à l'heure, je m'était arrêtée directement sur ses yeux et leur couleur hypnotisante et cette fois là ne rata pas non plus, même si j'essayais de ne pas trop m'y attarder et me concentrait plutôt sur la longueur de ses cheveux, sa frange, ses mains mais sans jamais avoir un coup d'oeil insistant. Quelque part, j'étais soulagée, parce que pour le moment, c'était elle qui posait les questions et qui faisait la conversation ce qui me facilitait la tâche. Il n'y avait rien de pire que ces silences qu'il fallait combler et ce dont j'étais totalement incapable de faire, les laissant s'écouler et les rendant encore plus étranges.

- C'est Cléophée O'Finnegan moi, dis-je d'une traite avant de reprendre ma respiration. Mes parents qui étaient tous deux sorciers, même si je connaissais les deux mondes car ma même était issue d'une famille moldue, m'avaient déjà parlé du voyage et en rien n'avaient spécifié qu'il allait s'envoler. Mais Thea... Elle avait l'air si sûre d'elle, que tout à coup, elle me faisait douter de ma propre vérité. Je ne pense pas que le train s'envole dans les airs, il reste sur les rails. Enfin, je crois. Peut être à la fin du voyage, mais je ne suis pas sûre, comme Poudlard est déjà caché aux moldus... C'était idiot. J'étais pourtant certaine qu'il ne volait pas ce train, tout comme les moldus étaient incapable de vois l'école. Pourquoi est-ce que je n'en étais plus aussi persuadée ? Je ne relevais pas sa dernière pique et comme elle en avait parler tout à l'heure, je me permis de rajouter, me mettant légèrement plus en avant cette fois ci : j'entre aussi en première année à Poudlard, c'est pour ça. Prise d'une impulsion soudaine, je poursuivis, il paraît que le voyage dure longtemps. Il paraît, je n'avais pas employé ce mot pour rien. Puis je haussai les épaules comme pour laisser une ouverture au doute si jamais elle souhaitait s’infiltrer dedans.

Mon cœur fit un énorme bond et n'en finit pas de s'affoler et pour cause car je venais de tourner par hasard la tête du côté de la porte fenêtre et au delà je reconnus immédiatement la personne qui se trouvais en face, en train de rire avec ses amies dans le couloir puisqu'il s'agissait de ma cousine. Ce n'était pas que je n'avais pas envie de la voir, mais juste, la robe... Si elle me voyait avec alors que je l'avais complimenté dessus, je craignais de sa réaction, parce que je n'avais aucune idée de si elle allait apprécier le geste ou non d'avoir acheté la même tenue qu'elle... Vite je baissai le menton et et mes yeux sur le sol tout en rabattant mes cheveux sur le côté, les dégageant de derrière mon oreille pour qu'ils puissent tomber sur mes joues et cacher mon profil ainsi que mon visage, espérant qu'elle ne s'attarde pas trop dans le couloir et qu'elle passe vite son chemin, oubliant momentanément qu'il y avait Thea, ici présente qui de cette façon pouvait tout à fait profiter du spectacle. Si seulement, elle aussi pouvait ne pas poser de questions...

Au bout de longues secondes interminables je tentais un timide regard et je pus enfin retrouver mon calme car ma cousine avait disparu, elle n'allait pas venir ici. Je n'avais qu'une envie, me lever pour  tirer le rideau et avoir comme ça plus d'intimité, mais si je faisais ça, j'allais être suspecte et devoir rendre des comptes à ma camarade de cabine, et je ne savais vraiment pas comment expliquer cette histoire... En plus, si elle, elle voulait garder la fenêtre visible pour voir ce qui se passait dehors ? Une fois encore, Thea n'avait rien fait de mal, mais la cohabitation me paraissait tellement difficile... Il fallait que je trouve une astuce, un mensonge pour me sortir d'affaire, avant de me rendre compte qu'elle était en vérité, seulement sous mon nez : ma valise. Je me penchais vers elle, avant de m'accroupir, de tirer la fermeture éclair pour fouiller dedans et en sortir un gilet et le passer dans mes bras pour le mettre sur mes épaules. Je n'avais pas froid, et c'était uniquement pour me rendre plus crédible et comme à présent, je me trouvais tout près de le porte, j'en profitais pour nous cacher du reste du monde en fermant la cloison, tout en priant pour que Thea ne me dise pas qu'elle n'était pas d'accord avec ce geste.

- Je n'ai jamais pris le train avant
, pour une fois que j'avais quelque chose à dire qui ne me semblait pas hors contexte, j'en profitais car cela prenait des airs de décennies le temps où je n'avais pas ouvert la bouche. C'était vrai, ce n'était pas les transports qu'on utilisait normalement et j'étais quand même excitée de ce voyage et de cette aventure, toute nouvelle, mais je ne voulais pas paraître trop enthousiaste, parce qu'il y avait bon nombre d'enfants à mon âge qui avait déjà utilisé le train bon nombre de fois et pour qui ce n'était vraiment pas grand chose.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: It's look like an adventure [T.L] Mer 16 Juil - 2:56

Naturellement j’étais de nature assez vivante. Non pas que les autres soient ma mort, mais c’était comme ça que mon oncle qualifiait mon incroyable soif de vie face à toutes les embrouilles qui pouvaient peupler mon quotidien. Du genre à avancer quoi qu’il arrive, et surtout à ne pas flotter au-dessus de la stratosphère quand il fallait se projeter face à autrui. Je n’étais rien, et en général mon rien prenait de la place. Du genre énormément de place, comme une baleine, et c’était cette même insignifiance particulièrement volumineuse que j’étalais autour de moi qui me permettait d’être comme je l’étais, parce que contrairement à d’autre je n’avais pas grand-chose à perdre. C’était pour cela que j’étais relativement insouciante et que je n’en faisais qu’à ma tête quoi qu’il arrive, parce que j’étais capable de ce détachement qui me permettait de faire ce qui devait être fait lorsque tout devait se casser la figure.
Alors quand je projetais mon propre reflet dans les yeux de cette fille, je ne pouvais m’empêcher de me trouver envahissante. Je m’étais littéralement avachi sur mon dossier, et prenait malgré ma petite taille, deux places américaines bien dosée ! En face, c’était tout juste si elle n’allait pas se transformer en tortue tellement elle s’était recroquevillé sur elle-même qu’elle apparaissait encore plus ridiculement petite qu’elle ne l’était déjà. Pas vraiment gênée, quoi que j’aurais pu l’être, je tentais un sourire du genre à lui démontrer que je n’avais pas trop de dents, et qu’à part en cas de self denfense, je n’allais pas la mordre comme ça sans raison. Pour apaiser les choses quoi, je continuais avec mes élucubrations sur mon premier aperçu du monde que j’allais finalement fréquenter.
- Oui. Au moins ça avait le mérite d’être clair. Elle n’était pas complètement muette, même si la position qu’elle avait décidé d’adopter ne pouvait pas être confortable cqfd : j’étais du genre à laisser primer le confort sur à peu près tout et n’importe quoi. Je fronçais les sourcils assez perturbée, tout en essayant de mimer la position de la jeune fille. Non non et non ! Ce n’était pas possible d’être bien comme ça. Il fallait se décontracter, laisser le bas ballant comme ça, prendre une posture droite, se caler, et relâcher. Elle avait faux sur toute la ligne. Je ne sais pas... Je ne me suis jamais posée la question. Non mais elle ne voyait pas la véritable nature du problème qui se trouvait dans le fait que son coude était littéralement entrain de poignarder son ventre ? Non parce que cela commençait à ressembler à une scène du meurtre le plus long, et je me demandais combien de temps il faudrait à ce coude pour infliger une blessure finalement mortelle à la jeune fille… Des jours ? Des années peuvent être ! Quitte à vouloir se mettre comme ça, autant y aller franco, il y avait un train en marche, des rails, j’étais certaine qu’il y avait moyen de faire quelque chose avec ça.
Mais peut être que c’était dans les mœurs du coin ! Il y avait bien des filles qui s’amusaient à insérer leurs corps dans des corsets au nom de l’élégance. Sauf que dans un cas comme dans l’autre, j’avais un peu de mal à trouver ce que l’on pouvait trouver de particulièrement attirant dans le fait de couper volontairement sa respiration.
- Ah. Et puis comme je ne trouvais rien de particulièrement pertinent, ou même amusant de plus à rajouter je ponctuais. Dommage ! C’est assez étrange dans tous les cas ! Parce que j’étais quand même têtue et que j’avais beaucoup de mal à me chasser de l’idée que ce ¾ était complètement arbitraire !
Elle me dévisageait, vous savez le cliché comme quoi les gens des quartiers pauvres n’aimaient pas qu’on les regarde. Ben avec moi c’était presque l’inverse, j’aimais bien que l’on me regarde, même si parfois je trouvais les regards lourds et pesants, surtout quand je faisais quelque chose de particulièrement ridicule en fait ; Mais là, j’étais juste posée dans un compartiment avec une autre fille sur un train qui allait dans un château où l’on enseignait à ses occupants la magie : tout allait bien ! Quoi que… Il ne fallait peut-être pas que je ne me pose pas trop de question à ce sujet. Dans tous les cas, elle semblait se décontracter. Le mot était peut-être un peu fort parce que je ne lui faisais pas non  plus un massage, mais je pouvais assez facilement voir qu’elle semblait plus zen avec elle-même. Même si sa position restait, et c’était le cas de le dire, à couper le souffle. D’ailleurs, la nana dans son intégralité était à couper le souffle si je voulais être honnête, elle était tellement canon avec ses longs cheveux châtains clairs, ses yeux sombres, et cette robe qui faisait carrément plus classe que mon allure de gamine des rues ; Mais vous savez quoi, on était peut être toutes les deux aux antipodes de la société, dans ce train on se parlait normalement. Comme quoi, la discrimination n’existait que dans les yeux de la masse.
- C'est Cléophée O'Finnegan moi  A tes souhaits. Du moins c’est ce que j’ai failli répondre par habitude, parce que c’était ce que l’on sortait toujours en classe quand un O’quelque chose venait se présenter devant tout le monde. Sauf que ce n’était jamais moi qui commençais, alors je n’allais pas le faire non plus. Je ne pense pas que le train s'envole dans les airs, il reste sur les rails. Je laissais échapper un soupir de soulagement, du genre : ça c’est une bonne nouvelle. Parce que si je n’avais encore jamais prit une voie ferré, je m’imaginais mal dans un truc qui vole la maintenant. C’était quand même bien de se dire que mon estomac resterait proche du sol. Enfin, je crois. Dis pas ça Cléo.. Allons, on est amie toutes les deux ? Mêmes si cela ne faisait que cinq minutes que nous partagions le même espace le lien que j’imaginais se former entre nous deux n’était pas imaginaire… Si ? Peut être à la fin du voyage, mais je ne suis pas sûre, comme Poudlard est déjà caché aux moldus... Peut-être, je frissonnais. Quelque part au fond de moi j’espérais que la fin du voyage se déroulerait comme le début, dans le genre à suivre les rails quoi. Et moldu ça voulait dire quoi d’abord ? J’entre aussi en première année à Poudlard, c'est pour ça. Donc je n’étais pas la seule paumée du coin. il paraît que le voyage dure longtemps.
Je m’agrippais fermement à ce que je pouvais, mais il n’y avait pas grand-chose à attraper. Je n’étais qu’à moitié rassurer par la déclaration de Cléophée vis-à-vis de la longueur du trajet ! N’était-ce pas elle qui venait de me dire qu’elle n’était pas certaine de savoir si oui ou non j’allais ou pas régurgiter mon paquet de chips ou pas ? Cela n’était peut-être pas de sa faute, et c’était probablement à prévoir lorsque l’on se rendait dans une école de sorcellerie pour la première fois. je collais ma tête à la fenêtre du wagon, et essayait de regarder frénétiquement à l’extérieur de façon à voir l’avant du train pour voir si à un moment ces fichus rails devaient s’arrêter ! On ne lâchait pas une bombe comme ça sur moi, sans en être complètement sûre non ? Lorsque je finis par me dire que ce que je faisais ne servait à rien, et qu’aussi perçante soit ma vision, sans démonter entièrement la fenêtre pour pouvoir faire passer ma tête à l’extérieur il y avait peu de chance pour que je ne puisse voir grand-chose avec un angle de vue aussi pourri, je remarquais le remue-ménage suspect qui semblait agiter la jeune O’Finnegan !
Il y avait quelque chose de touchant dans cette panique intérieur, et je me demandais ice qu’elle avait bien pu voir à l’extérieur du compartiment qui avait pu la mettre dans un tel état ? Un garçon peut-être. Je tentais de me pencher pour tirer la situation au clair, mais une secousse violente me rappela soudainement que ce train avait peut-être des ailes cachées, et qu’il était envisageable qu’il prenne un long envol pour se déployer dans le ciel comme un dragon chinois !
Ce monde alors.
Les mains crispées sur le rebord du siège du compartiment, j’attendais que les secousses passent. Tendue… Mais souriante vis-à-vis de ma compagne de wagon. On avait chacun ses démons, et ceux de Cléophée semblait être assez tenace, parce que cette dernière ne cessait de jeter des coups d’oeils à travers la vitre du compartiment. Quoi ? Pourquoi je veux dire… Je m’enfonçais à moitié la tête dans le col de mon sweat et laisser tranquillement la scène se déroulait devant moi. Y a des moments comme ça où il valait mieux attendre dans son coin que ça passe. Des fois que ça explose, on était jamais trop prudent quand on était pas sûre qu’une bombe se trouvait loger sous ses pieds. Le moindre mouvement, et boom ! C’était fini. Ou alors ça commençait, selon le point de vue. Cléophée entama cette danse bizarre où elle semblait finalement remarquer sa valise, se pencher, s’accroupir, ouvrir la valise et en sortir un gilet ! Avait-elle vraiment si froid que ça ? Ou alors est-ce que c’était les prémices d’une cause plus grande !
Il y avait ce film que j’avais vu pendant les vacances après avoir réussi à me faufiler sans billet dans le cinéma, où les personnages ne cessaient de faire remarquer que le plus proche on était d’une scène, moins on y voyait. Dans le même genre on pouvait faire remarquer que l’arbre pouvait voir la forêt, mais ne pouvais pas voir les branches. Là encore tout était une question de point de vue.
Elle posa son gilet sur ses épaules, et je haussais un sourcil !
Elle tira les rideaux… Je soupirais. Cela aurait été tellement plus facile si elle avait fait ça directement non ? Les filles alors ! On étaient toute plus compliquées les unes des autres visiblement. Mais j’appréciais le geste ! L’intimité c’était pas mal non plus, et puis elle semblait y accorder une telle importance avec sa petite bouille toute timide que je n’aurais pas pu même si j’en avais eu envie lui gâcher ce plaisir.
- Je n'ai jamais pris le train avant
Et puis cette phrase toute simple m’arracha un sourire.
- Aaaaaaaaaaah ! Moi non plus, j’ai déjà pris le métro ou le tram mais c’est juste pas pareille, on est debout et il y a toujours des gens bizarres qui profitent du fait qu’on est compressé comme des sardines pour faires les poches où… Je n’ai jamais terminé cette phrase parce que je n’étais pas sûre que Cléophée voulait entendre la fin de ma remarque. Même moi je n’étais pas sûre de vouloir entendre ça sortir de ma bouche alors ! Mais quand même tu aurais pu fermer directement le rideau j’allais pas t’attaquer en chemin ! Petit clin d’œil de ma part, j’émergeais ma tête du sweat comme une tortue sortant de sa maison. Je n’avais rien contre les raisons secrètes qui avaient pu menée l’adolescente à agir comme un ninja dans ce petit compartiment, mais quand même s’il y avait un beau gosse ou une belle gosse dans le train elle aurait pu partager la vue ! J’étais plutôt bonne publique quand il s’agissait de simple voyeurisme. Mais le gilet te va bien donc je suppose que c’était quand même une expérience… C’était quoi déjà le mot ? Positive ! Une expérience positive ! Genre un bien pour un bien quoi ?!
Je ravalais ma salive, parce qu’il y avait quand même un truc qui me titillait l’esprit depuis tout à l’heure. Je fermais les yeux à une secousse du train tout en m’accrochant au-dessous de mon siège. J’ouvrais un œil, puis le suivant ! Ça allait, le train n’avait toujours pas défié les lois de la gravité ! Mes chips étaient sauves pour l’instant !
- T’es sûre que le trajet est long hein ?! Et c’est quoi un moldu au fait ? Tu en as parlé tout à l’heure et je ne parle pas encore couramment le… Est-ce qu’il y a un terme pour ça ? Le sorcier ? Enfin tu vois le truc non… ? Peut-être pas, je n’étais pas vraiment très claire non plus, mais c’était compliqué laissez-moi le temps ! Je suis la première de ma famille, ou plutôt ce qui en reste à avoir des pouvoirs. Alors je suis un peu paumée avec tous ces mots compliqués. 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: It's look like an adventure [T.L] Sam 19 Juil - 23:38

Il y avait eu ce début de débat, justement, le soir où Nicola avait porté sa belle robe. Nous n'étions encore pas étudiantes à Poudlard, mais dans quelle maison allions nous atterrir ? Les rumeurs allaient bon train et je mon cœur avais à la fois balancé pour Poufsouffle et Serdaigle. Mon cœur... Le plus juste était de préciser que durant toutes les élucubrations, je n'avais pas pris part à la discussion et c'était mes parents, mes oncles et tantes qui se figuraient porter telle ou telle couleur, tandis que j'acquiesçais d'un bref mouvement du menton de temps en temps pour faire croire que j'étais tout aussi emballée que à la perspective de bientôt connaître la réponse, agrémentant mon geste, de temps à autres, d'un mince sourire, avant de prétexter avoir la bouche pleine de nourriture et ne pas pouvoir être en mesure de répondre dans l'immédiat ; cela ainsi, leur laissait bien assez de temps pour repartir dans la conversation avec véhémence et m'oublier dans mon coin de table alors que j'étais moi même le sujet d'un tel engouement, que je partageais avec Nicola bien que nous n'ayons pas échangé ensuite toutes les deux, puisqu'après tout, c'était quand même de notre avenir proche dont il s'agissait. J'étais curieuse, j'avais très envie de connaître quelles étaient ses envies, mais je craignais qu'elle ne me pose suite à cela la même question en retour : si je lui disais, je craignais son jugement et sa réaction, tandis que tant que je ne disais rien je ne m'exposais pas au danger d'être vexée ou blessée de quelque manière que ce soit. La maison dans laquelle j'espérais être envoyée par le Choixpeau une fois à Poudlard ? Oh, de toute façon, c'était un choix que je ne maîtrisais pas...

La vérité, c'était que moi même, j'étais incapable de me voir dans telle ou telle maison. J'exerçais une fascination pour Gryffondor, comme un idéal à atteindre, pour autant me savoir au sein des lions (je connaissais les emblèmes grâce à ma famille sorcière) m'angoissait plus qu'autre chose car je craignais ne pas être à la hauteur. Poufsouffle était plaisant, mais je changeais souvent d'avis pour Serdaigle et quand je me figurais arborer l'écusson des aigles, je me disais que quelque chose n'allait pas, pourtant, papa et maman avaient appartenu tous les deux à cette maison, alors que peut être finalement, la réponse était ici et que je n'avais pas trop à m'en inquiéter ? Serpentard... Oh non, pas Serpentard... Si j'appréhendais de plus en plus avec le train en approche de l'école, ce n'était pas pour rien. Pour le moment, j'essayais de ne pas y penser et la présence de Thea me permettait de concentrer mon attention sur autre chose que mon anxiété. Serpentard était la maison à bannir parce que durant la guerre qu'avait instauré le Seigneur des Ténèbres, l'un de mes oncles avait succombé à ses souffrance à cause du sortilège du Doloris et de nombreux Serpentard qui étaient écoliers en même temps que des membres de ma famille étaient devenus des Mangemorts par la suite et chez nous, appartenir aux couleurs vertes et argents n'étaient pas envisageables et c'était d'ailleurs pour cela que ça n'avait pas été évoqué jusque ici, ce terme tabou qui donnait des boutons sur le bout de la langue si on les prononçait et dont on ne parlait pas pour la bonne et simple raison que c'était tellement évident que tout ceci ne pouvait avoir lieu d'être.

Je n'avais pas à m'en faire. Pitié, pas maintenant ! Il y avait tellement de kilomètres encore qui nous séparaient du château et je n'y étais pas encore, alors ça ne servait vraiment à rien de se marteler d'inquiétude pour l'instant. Puisque nous étions dans le train...
- Aaaaaaaaaaah ! Moi non plus, j’ai déjà pris le métro ou le tram mais c’est juste pas pareille, on est debout et il y a toujours des gens bizarres qui profitent du fait qu’on est compressé comme des sardines pour faires les poches où…
Je fus perturbée, non pas parce que Thea débitait un flot incroyable de paroles en l'espace de quelques secondes à une vitesse folle que j'aurais été incapable de reproduire, mais parce qu'elle s'était coupée dans son élan alors que je buvais littéralement ses paroles avec intérêt (et qu'elle parle autant me rassurait dans le sens où je n'avais pas besoin de chercher à faire la conversation, mais la commenter lorsqu'elle m'en laissait l'occasion ce qui m'allégeait le cœur d'un poids) ménageant le suspens et je gardais un silence religieux, pendue à ses lèvres, pour apprendre la suite de son histoire.
- Mais quand même tu aurais pu fermer directement le rideau j’allais pas t’attaquer en chemin !
Je me pris cette remarque de plein fouet, me raidissant pour simple réaction, malgré le visage illuminé de Thea qui en fait n'avait pas cherché une seule fois à dire les choses méchamment même si durant un quart de seconde c'était ce que j'avais ressenti. C'était trop bête et intérieurement, je demandais à ma susceptibilité à fleur de peau de se taire tout autant que je le faisais. Thea était passée du coq à l'âne et visiblement elle ne comptait pas terminer ses explications, et quant à moi, je ne comptait pas la solliciter pour qu'elle reprenne là où elle s'était initialement arrêtée. A dire vrai, je me projetais en train de le faire et ça me paraissait être le bout du monde...
- Mais le gilet te va bien donc je suppose que c’était quand même une expérience… Positive ! Une expérience positive ! Genre un bien pour un bien quoi ?!
- Non, non, je frissonne un peu, commençais-je à me justifier en lui mentant, pas très bien dans mes baskets (qui s'apparentaient ici à des sandales). Cependant je vacillais déjà, et comme si je m'excusais de lui balancer des bobards, puisqu'elle m'avait tendue la perche, je la questionnais, ça ne te dérange pas si on le laisse fermé ? Je fus presque tenté de lui expliquer pourquoi, mais je me dis que ça ne devait pas vraiment l'intéresser et ne poursuivit pas plus loin.

Cela n'allait pas empêcher Nicola d'entrer dans le compartiment si elle le souhaitait, et là il n'y avait plus moyen de se cacher, mais au moins je limitais les risques comme des barrière sécurisantes tout autour de moi que personne n'était à même de franchir parce que je les avais construites bien trop hautes. Cela ne sembla pas poser plus de problèmes à Thea qui enchaîna très naturellement :
- T’es sûre que le trajet est long hein ?! Et c’est quoi un moldu au fait ? Tu en as parlé tout à l’heure et je ne parle pas encore couramment le… Le sorcier ? Enfin tu vois le truc non… ? Je suis la première de ma famille, ou plutôt ce qui en reste à avoir des pouvoirs. Alors je suis un peu paumée avec tous ces mots compliqués.
Thea parlait beaucoup... beaucoup. Je n'avais aucune idée de comment je pouvais expliquer ce que je ressentais à présent, mais ses mots agissaient comme un onguent qu'elle étalait sur moi, un massage qui permettaient à tous mes muscles, lentement et un par un à se détendre, écartant toute éventualité à présent que Thea ne se rétracte tout à coup et se mette à m'insulter sans aucune raison (je ne savais même plus pourquoi j'avais imaginé ça à présent). De ce constant ma langue elle aussi semblait avoir le désir de se délier parce que cette fille m'avait donné suffisamment de matière pour que je puisse lui répondre sans chercher mes mots et me mettre à paniquer, et sans buter dessus parce que je n'étais pas certaine de ce que j'avançais, mais c'était au contraire comme une façon de me dire : tu as l'autorisation d'être toi-même, ne t'inquiète pas, ne t'en fais pas pour ça.

- Oui, je pense, réitérai-je mais avec plus d'assurance et un sourire en direction de la brune. Mes parents sont sorciers, ils ont déjà fait le voyage quand ils allaient à Poudlard. Ma maman m'a même préparé de quoi manger pour midi, mais je regrettais aussitôt d'avoir dit cela car Thea, elle vu les informations qu'elle me fournissait en désordre ne devait pas avoir une boîte qui contenait tout un tas de bonnes choses à manger. Je ne voulais pas qu'elle se sente mal. Cependant, même si freinée dans mon élan momentanément, je continuais, tout en passant mécaniquement une main dans mes cheveux, les doigts se glissant en haut de mon crâne entre les mèches, pour les rejeter en arrière, moldu en fait, ce sont toutes les personnes qui n'ont pas... comment le dire, pour moi c'était clair, mais... ils ne pourront jamais avoir de baguettes magiques, ce sont tous ceux qui ne sont pas des sorciers. Dès que quelqu'un n'est pas sorcier, c'est que forcément, il est moldu !

J'avais relevé une partie de sa tirade toutefois ; le reste de sa famille ? J'avais le désir d'en apprendre plus mais la pudeur que je ressentais m'empêchais tout bonnement d'aller au bout de cette envie. Si vraiment Thea voulait en parler, sans doute allait-elle le faire, mais si elle ne le faisait pas, je ne me voyais pas être dans la position de celle qui insiste.

- Comment est-ce que tu as appris que tu étais une sorcière ?
Là dessus j'étais plus ou moins certaine de ne pas faire de faux pas. Moi j'avais reçu un hibou qui m'était spécialement destiné m'annonçant mon entrée à l'école et les fournitures à acheter, mais pour les enfants issues de familles moldues, comment ça se passait ? C'est quoi les mots que tu ne comprends pas ? Pour je ne sais quelle raison, pouvoir lui servir de dictionnaire ambulant m'était très flatteur et surtout je me sentais importante, comme si c'était un honneur de m'acquitter de cette mission. Ca ne t'a pas fait un peu peur au début ? Tous les enfants sorciers savaient que si la communauté magique était cachée, ce n'était pas pour rien, en effet. Pour moi, comme je n'étais pas dans cette situation, c'était un concept que j'avais un peu de mal à imaginer, mais comme c'était une idée fixe qu'on nous martelait dans le crâne depuis qu'on était petits, cette question me paraissait évidente et de rigueur. Je n'ai aucune idée de comment j'aurais réagi... avouai-je avec sincérité, cette réflexion me laissant légèrement songeuse...
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: It's look like an adventure [T.L] Dim 20 Juil - 14:32

J’étais franche. C’est vrai, c’était un détail que l’on ne pouvait pas nier. J’aimais dire ce qui se passait par ma tête, et parfois c’était pas franchement joli à voir, mais je m’en fichais parce que je pensais que les choses devaient parfois sortir dans leur état le plus brut pour qu’elles aient un sens. Tergiverser, polémiquer, nuancer, c’était juste un privilège de riche. Moi j’allais droit au but (OM), et en général je me fichais pas mal de ce qui devait ou pas être dit. Mais je n’étais pas non plus débile, et même si j’étais loin d’être un ange (avec mes tendances cleptomane, et mes autres talents qui me rapprochaient plus du voyou que de la petite fille modèle) je n’étais pas non plus le diable. Non, je faisais ce qui était nécessaire pour moi afin de survivre. Quand on a l’estomac qui grouille depuis plusieurs jours et ben on fait ce que l’on a à faire. Bon, mauvais, bien, mal, encore des luxes que tout le monde ne pouvait pas se payer.
J’étais même plutôt maline, et j’avais un spider sense pour ressentir ce que les gens pensent de moi au moment où ils posent leurs regards sur moi. C’était plutôt pratique, parce que dans le quartier on ne sait jamais si l’on est entrain de discuter avec un psychopathe en cavale, ou alors un simple sociopathe qui a faim. Dans les deux cas, valait mieux avoir une idée précise de ce que ce dernier pouvait bien tenter de faire. C’est ma propre expérience avec ma grande sœur, Olivia. Elle était tout juste bonne à enfermer à l’asile, d’ailleurs ils ont fini par le faire pendant un temps. Enfin bref, tout ça pour dire que quand je voyais Cléophée, je sentais bien que quelque chose la tracassait et qu’elle se servait de la conversation que je tentais d’établir pour ne pas avoir à se concentrer sur quelque chose d’autre. Quoi ? Je n’en avais aucune idée, elle n’était que la deuxième sorcière auprès de qui j’adressais la parole. La première était une réac gauchiste, fonctionnaire forcément, employée au ministère de la magie qui l’avait mandaté pour m’accompagner faire les courses histoire que j’ai des livres de sorcelleries et aussi une baguette. En bref, rien de bien folichon.
- Non, non, je frissonne un peu. Elle essayait de se justifier mais ça sentait le gaz son histoire. Du genre pas très bon en plus, mais bon il y avait pire que de tirer des rideaux et mettre un gilet comme mensonge alors j’haussais les épaules en faisant mine qu’il ne s’était rien passé parce qu’il ne s’était de toute façon rien passer de bien fou. Ca ne te dérange pas si on le laisse fermé.
- Fais-toi plaisir ! Il faudra de toute façon que je me change et je ne voudrais pas qu’un garçon me voit par inadvertance. Je sortais de mon sac un autre sac en plastique qui contenait mon uniforme de Poudlard. Ni vu, ni connu grâce à l’uniforme je ressemblerai enfin à tout le monde ici. Je lâchais un léger soupir, les uniformes cela n’a jamais vraiment été mon truc à moi. J’aimais mes t-shirt trop large, et mes jeans troués. Cela me donnait du caractère, alors que là, la robe de sorcière c’est bof quoi. Pas que ce soit particulièrement moche, juste que si tout le monde devait se ressembler autant faire un truc marrant comme se mettre tout nu et faire une ronde des sorcières pour maudire l’humanité toute entière. Ca ne te dérange pas que je me change ici pas vrai ? Entre fille c’est pas grave non ? Bon entre fille, c’était peut-être un peu osé. Surtout que moi je trouvais la beauté où je pouvais. Garçon, fille, qu’importe. J’étais très libérée sur ces sujets, et d’ailleurs je ne pouvais m’empêcher de trouver cette Cléophée particulièrement à croquer derrière cette timidité qui semblait la caractériser tant et cette robe, quoi qu’un peu retro (comme à peu près tout ce que l’on pouvait trouver chez les sorciers) lui allait comme un gant… Enfin une robe, bref vous voyez le principe ?
 - Oui je pense, ce nouveau regain d’assurance me soulagea quelque peu parce que je n’avais toujours pas oubliée que cette chose dans un monde aussi démoniaque était capable de s’envoler dans les airs sans raison. Puis, son sourire était telle qu’elle aurait pu me faire signer n’importe quel pacte avec le diable que je l’aurais probablement suivi sans me poser de questions. Mes parents sont sorciers, ils ont déjà fait le voyage quand ils étaient à Poudlard. Ma maman m’a même préparé de quoi manger ce midi ! J’aurais pu m’offusquer ou n’importe quoi d’autre, mais cela ne servait à rien alors je m’abstenais. Cela n’aiderait pas ma cause, et ne comblerait pas le grou grou de mon estomac à part si je me décidais de la tuer pour en manger un morceau.
- C’est cool que ta mère y ait pensé ! M’exclamais-je en lui lançant un sourire chaleureux histoire qu’elle ne se sente pas plus coupable que ça. Mon oncle n’a pas vraiment la fibre familiale, et c’est tout juste s’il sait cuisinier sans mettre le feu à l’appartement. Rajoutais-je en riant. Mais tu sais, repris-je en prenant un ton beaucoup plus sérieux, ma paroisse accepte la charité. Y a un dicton qui dit que tu peux pas parler de nourriture sans partager. Parce que j’étais quand même une personne intéressée, mais c’était de bon cœur : un service rendu n’est jamais vain parce que l’on ne sait jamais quand on pouvait tenter un chantage affectif dans le futur.
Elle reprit son explication sur ces termes louches qui me distinguait encore du reste de la populace magique. C’était pas ma faute, mais il fallait bien dire ce qu’y était, c’était quand même un monde tout nouveau pour moi. Ici, enfin en général, les sorciers faisaient des trucs déments qui dépassaient encore mon imagination, alors forcément à chose nouvelle, nouveau vocabulaire et tout le tintouin.
- Moldu en fait, ce sont toutes les personnes qui n’ont pas… ils ne pourront jamais avoir de baguettes magiques, ce sont tous ceux qui ne sont pas des sorciers. Dès que quelqu’un n’est pas sorcier, c’est que forcément, il est moldu. Ceux-ci éclairant cela, les moldus en fait c’était le reste du monde. Y avait comme une ségrégation non ? Entre ceux capable de balancer des boules de feu pour le fun, et ceux qui devaient se contenter d’appuyer sur un bouton pour faire un gros boom. Je comprenais l’importance du terme, mais je sais pas : y-avait un truc pas net derrière. En général je n’aimais pas ranger les choses dans des cases, parce que j’avais appris par la force des choses que les gens ne pouvaient pas réellement se définir en un seul mot.
Mais bon, je savais comment je pouvais traiter mon oncle et ma sœur si jamais je la recroiser celle-la.
- Aaaaaaaaaaah ! Fis-je en prenant une mine entendue tout en hochant la tête. C’est limpide comme explication. Clair comme de l’eau de roche ! Je sens que je vais pas m’éloigner de toi au cas où je me mette à patauger. Parce que oui, encore une fois j’étais intéressée. C’était mon truc à moi que de me mettre dans la poche des personnes utiles, parce que même si l’on est jamais servi par soit même c’était parfois cool d’avoir quelqu’un d’autre sur qui compter. C’est quand même louche comme mot Mol-Du. J’ai pas du tout envie de mettre ces deux syllabes ensemble, ça semble contre-nature. Pendant ce temps mes lèvres continuez de répéter doucement le mot, histoire de voir si ce premier sentiment n’était peut être qu’une impression passagère, mais définitivement je n’aimais pas ce truc. Ca arracher le palet, ma langue découvrait un nouveau muscle dont elle ne s’était jamais servi auparavant, c’était franchement moche. Enfin je suppose que pour toi ça doit être normal, repris-je en me grattant la tête tout en regardant droit dans les yeux mon interlocutrice. J’arriverai probablement à m’y faire avec le temps… moldu ! Quand même…
Puis je laissais tomber avec l’expression. La locution distinguée en employant un langage approprié ce n’était pas mon fort de toute façon, alors plutôt que de faire un truc contre-nature je préférais lâcher l’histoire pour le moment.
- Comment est-ce que tu as appris que tu étais une sorcière ? C’est quoi les mots que tu ne comprends pas ? Ca ne t’a pas fait peur au début ? Je n’ai aucune idée de comment j’aurais réagi… OK OK OK !!! Minute papillon, si sa décontraction était un signe plutôt sympathique je m’étais pas attendue à une avalanche de question. Pour peu je me serais crûe en plein examen final pour passer au collège, et je savais à quel point c’était stressant parce que : je n’y étais pas allée. C’était un de ces jours où j’avais tout simplement trouver mieux à faire comme, traîner dans le parc avec Gengis pour lancer une balle de basket dans un panier défoncé ou un truc du genre. Sauf que là, mince quoi, c’était pas une armée de prof, mais une fille de mon âge, j’allais quand même pas fuir face àc b ça. Mon cerveau avait deux vitesses, autant pour certains trucs il était particulièrement rapide et alerte, autant pour d’autres il était particulièrement lent, alors je lançais un long regard à Cléophée tout en souriant… Combien de temps j’arrivai à acheter avec ça ? Pas plus d’une dizaine de seconde, mais cela me permettait de remettre toutes ces questions en place les unes à côté des autres.
- La routine je suppose, ta vie semble banale, tu fais les mêmes trucs que d’habitude sauf qu’à chaque fois y a des choses bizarres et improbable qui se passent autour de toi. Tu te retrouves dans un parc avec une bande de pote, sur le chemin du retour tu te fais agresser par un hibou épileptique qui a une lettre pour dire que tu as la chance d’avoir été inscrite à Poudlard. Je prenais une courte inspiration tout en regardant mes mains, c’est vrai qu’il s’était toujours passé des trucs bizarres autour de moi. Cela avait commencé un peu après l’incendie, mais maintenant je savais pourquoi. Si j’étais une anormalité, je savais que je n’étais pas la seule. Je redressais mon visage pour faire face à O’Finnegan. Y a pire comme situation, tu serais surprise des galères dans lesquels elle avait l’habitude de me faire plonger ! Affirmais-je en ricanant à l’évocation du souvenir de mon aînée. La magie n’était qu’une formalité à côté de ça. Pour ce qui est des mots et been… J’entrouvrais mon sac qui contenait tous les livres de première année. J’ai essayé de feuilleter ces bouquins, et je peux t’assurer que je n’en ai compris aucun de A à Z.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: It's look like an adventure [T.L] Dim 20 Juil - 19:21

Sans doute n’allions nous jamais nous revoir et même si je ne connaissais finalement rien d’elle, cette constatation m’attrista, mais je préférais d’ores et déjà ne pas spéculer sur le futur, dont mes fantasmes étaient toujours très éloignés de la réalité : je disais cela parce qu’ils ne se réalisaient jamais comme je me les étaient figurés pour la bonne et simple raison que les histoires dans les contes n’avaient jamais rien eu à voir avec celles dont j’avais été le personnage principal dans la ma vraie vie à moi. Quelles étaient les chances tout d’abord  que nous tombions dans la même maison ? Une sur quatre, donc quasiment aucune, et je me refusais d’avoir une quelconque affection pour quelque qui certes avait mon âge mais que je ne reverrais sûrement jamais dans les couloirs du château, parce que j’avais assez entendu parlé de Poudlard et des nombreux recoins dont l’école regorgeait pour savoir ça. Ma stratégie était de m’éloigner de toute déception en ne fondant aucun espoir sur mes rêves, même s’ils étaient présents, ils étaient endormis tout au fond de moi et les réveiller n’avait généralement pour résultat qu’alimenter la tristesse de la perte d’une relation que j’avais déjà projeté… que j’étais toujours la seule à projeter parce que j’étais la spécialiste des relations à sens unique ; du moins que le retour que j’espérais n’avait rien à voir avec celui que j’attendais.

De toute manière, j’avais un visage si commun (on ne me l’avait jamais dit, mais j’en étais persuadée, je n’étais pas de celles que l’on remarque et ne faisait rien pour, alors comment se souvenir de moi ?) qu’à la sortie du train, la fille m’aurait sans doute déjà oublié et que même si on se voyait à la sortie d’une salle de classe, ma tête ne lui serait pas familière, alors que de mon côté j’avais déjà identifié le détail de ses yeux et de ses joues, et de son menton… Et du reste…

J’étais comme ça, et je m’y accommodais très bien : j’étais de celle qu’on oublie. C’était comme ça. Il y avait bien longtemps que j’étais résignée à cet état de fait.
- Fais-toi plaisir ! Il faudra de toute façon que je me change et je ne voudrais pas qu’un garçon me voit par inadvertance. Ca ne te dérange pas que je me change ici pas vrai ? Entre fille c’est pas grave non ?
Si c’était grave ou pas ? J’imaginais que ça ne l’était pas… Enfin avec Nicola et s’étaient déjà changées toutes les deux dans la même pièce et ça paraissait normal à tout le monde, donc j’imaginais bien que ça l’était ?

Ce qu’il y avait de bien, ce qu’il y avait de mal… Moi je ne voulais pas la vexer…

- Non… Non, lui assurai-je une nouvelle fois, et c’était une manière de m’en convaincre moi aussi. Je vais devoir faire pareil moi aussi de toute façon.

D’un autre côté j’étais rassurée d’être en compagnie de Théa même si ce n’était que temporaire, parce qu’on était en train de vivre et de partager la même chose, alors je me sentais un peu moins stupide d’être un peu larguée, parce que dans ces moments là, avoir toujours connu le milieu sorcier ou pas ne changeait rien, la nouveauté restait la même.

J’eus à peine terminé d’expliquer à Thea que mon repas de midi venait de mes parents que mon ventre se mit à réclamer de la nourriture faisant le lien de cause à effet entre mon cerveau et mon estomac. Mais après tout, c’était aussi bientôt l’heure de manger.
- C’est cool que ta mère y ait pensé ! Mon oncle n’a pas vraiment la fibre familiale, et c’est tout juste s’il sait cuisinier sans mettre le feu à l’appartement. Ma paroisse accepte la charité. Y a un dicton qui dit que tu peux pas parler de nourriture sans partager.
Son oncle… La logique voulu que je comprenne ce qui était sous entendu ici : Thea devait vivre avec son nom si c’était de lui qu’elle parlait, c’était du moins comme ça que je le comprenais. Ma curiosité voulait éclaircir le fond de l’histoire, même si je la fis taire rapidement. Ca ne se faisait pas de poser des questions indiscrètes comme ça, même si de l’autre côté, l’attitude un peu sans gêne de Thea ne me vexait pas, parce que… Et bien j’imaginais que c’était parce qu’elle était comme ça sans doute et qu’elle avait une telle assurance que je me voyais vraiment très mal le lui reprocher. Au contraire, j’eus l’impression que c’était moi qui n’avait pas été très gentille de lui parler de nourriture sans le lui proposer dès le début.

- Je savais pas. Je ne connaissais pas le proverbe en tout cas. Mais j’en ai assez pour deux en tout cas, l’avantage d’avoir une maman qui voyait les choses en grand, c’était qu’elle m’avait confié à manger pour beaucoup plus que ma petite personne.

La relaxation de Thea se propageait agréablement dans l’air, et donc jusqu’à moi, mettant de côté toutes les craintes que j’avais pu avoir lorsqu’elle était entrée dans le compartiment. Le secret, me disais-je, c’était de m’adapter à elle, et tout continuerait de bien se passer.
- Aaaaaaaaaaah ! C’est limpide comme explication. Clair comme de l’eau de roche ! Je sens que je vais pas m’éloigner de toi au cas où je me mette à patauger. C’est quand même louche comme mot Mol-Du. J’ai pas du tout envie de mettre ces deux syllabes ensemble, ça semble contre-nature.
Je n’écoutais que d’une oreille discrète ses dernières paroles, parce que je m’étais arrêtée à celles prononcées juste avant : sans le savoir Thea avait déclenché le réveil de mes désirs, celui de mes envies… Qui finalement se révélaient être aussi les siennes ? Je cachais évidemment tout de la joie qui me parcourait, parce que je ne voulais pas faire un faux pas et l’effrayer, avant de me répéter quelques réserves, passé le soulagement : il fallait que je garde à l’esprit que peut être, elle disait ça sur le fil de la conversation, et que ce n’était en aucun cas à prendre au sérieux, parce que c’était sûr, elle allait se trouver des amis tellement plus intéressants à Poudlard…

Mais elle l’avait dit à moi, en attendant. C’était bien que c’était permis d’y croire, non ?

- Pourquoi tu trouves ça bizarre ? Moi je n’ai jamais rien entendu que ce mot… Ca se dit de partout, lui assurai-je, cherchant en quoi cela pouvait être « contre nature » comme elle l’avait affirmé, mais je ne voyais pas trop.

J’avais fait exprès de ne pas relever le reste, parce que ne sachant quel comportement adopter exactement… Autant ne rien faire.

Je savais la césure grande entre les enfants sorciers et ceux qui étaient issus de famille moldus et pourtant, c’était bien la première fois que je m’en rendais compte et que j’en prenais la pleine mesure. Comme Thea posait de nombreuses questions, il ne devait y avoir aucun mal, à ce que j’en pose quelques unes moi aussi, ce n’était pas trop privé n’est-ce pas ? Je n’entrais pas dans son espace vital ?
- La routine je suppose, ta vie semble banale, tu fais les mêmes trucs que d’habitude sauf qu’à chaque fois y a des choses bizarres et improbable qui se passent autour de toi. Tu te retrouves dans un parc avec une bande de pote, sur le chemin du retour tu te fais agresser par un hibou épileptique qui a une lettre pour dire que tu as la chance d’avoir été inscrite à Poudlard.. Y a pire comme situation, tu serais surprise des galères dans lesquels elle avait l’habitude de me faire plonger ! La magie n’était qu’une formalité à côté de ça.
J’eus un éclat de rire parce que Thea avait une façon amusante de raconter ses histoires, et j’essayais de l’imaginer dans la situation qu’elle me décrivait,  mais une fois de plus… Elle, c’était qui, elle ? J’avais encore du mal à mettre tous les éléments en place.

- … Ah bon ? Fut la seule chose qu’il me sembla bon de dire pour que Thea décide si ou non, elle voulait continuer sur sa lancée et raconter la suite ou pas. J’en avais bien envie, mais je ne voulais pas paraître insistante.

C’était un dosage, avec lequel il fallait savoir danser, mais comme je me calquais toujours à la façon de faire des gens, j’en avais l’habitude. Je me demandais si on se calquait à mes manies, parfois… Sûrement que non. C’était comme le reste.
- Pour ce qui est des mots et been….J’ai essayé de feuilleter ces bouquins, et je peux t’assurer que je n’en ai compris aucun de A à Z.
Je hochai la tête, pour chercher à la rassurer, avant d’affirmer à mon tour :

- Moi aussi j’ai regardé un peu et il y a des choses qui ont l’air d’être un peu complexes et difficiles, même lorsqu’on connaît les termes… de toute façon je n’ai jamais utilisé de baguette magique non plus avant puisque je n’ai eu la mienne que lorsqu’on est allés l’acheter l’autre jour. Ca fait bizarre un peu d’avoir enfin la sienne, lui avouai-je parce que je ne pensais pas que Thea allait me juger là dessus.

J’observais quelques instants le paysage qui se trouvait à l’extérieur de la fenêtre et qui défilait à vive allure à cause de la vitesse du train. J’avais le désir de me rendre utile pour Thea, mais je n’avais aucune idée de comment.

- Tu ne connais pas non plus les quatre maisons de Poudlard alors ? Mais j’eus à peine terminé de poser cette question que je me lançais des noms d’oiseaux mentalement ; je venais de mettre sur le tapis les plus grandes angoisses dont je me rapprochais un peu plus à chaque minute…
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: It's look like an adventure [T.L] Jeu 31 Juil - 18:28

Cette fille… Cette fille… Etait décidément la chose la plus craquante que cette terre n’ai jamais été foutu de produire. Ou alors simplement la meilleure des personnes qu’elle s’était donné la peine de me faire rencontrer. Du loubard un peu lourdaud, à la teigne des rues j’avais croisé pas mal de spécimen de mon vivant qui me faisait douter de l’humanité en tant que race. Cléo, parce que Cléophée c’était quand même vachement long surtout quand on avait l’habitude de s’appeler Théa, c’était juste la première créature angélique que j’avais eu la chance de voir de mes propres yeux. Tout chez elle semblait émaner une aura de positivité et de tranquillité presque timide. Elle était chétive, fragile, douce, à peu près tout l’inverse de ce que je pouvais croiser à la maison.
Dans la rue, la première chose que l’on apprenait à distinguer c’était la vérité du mito. Un bon plan un peu trop beau était souvent une arnaque sans nom et je n’arrivais vraiment pas à me décider sur Cléo. Etait elle vraiment la personne qu’elle semblait être ? Où y avait il un épais nuage de fourberie autour de son cœur ? Si elle me mentait, elle le faisait comme une professionnelle et n’avait pas besoin de me mettre la carotte pour me faire courir comme un âne. C’était bien la première fois que j’avais cet effet pour une personne et aussi masochiste que cela puisse paraître je n’étais pas décidée à laisser ce sentiment s’échapper.
« Non… Non… » M’assurât ’elle à nouveau lorsque je lui évoquais l’idée de me changer dans le wagon ce qui acheva de me rassurer parce que je ne voulais pas non plus avoir à sortir d’ici pour cette raison précise. « Je vais devoir faire pareille de toute façon. » Bien sûr qu’elle devrait faire pareille, alors effectivement cela n’était pas grave. J’aimais assez le concept de l’uniforme, enfin pour une fois. Cela nous mettait tous au même rang, et ça évitait d’étaler mes origines comme ça à la vue de tous. Je lui lançais donc un clin d’œil entendu avant de passer mes mains derrière ma nuque comme pour me reposer avant d’étaler mes jambes sur la longueur. La vie était quand même bien faite quand on savait profiter des petits moments de calme.
« Cool ! » Affirmais-je simplement avant de repartir sur le thème de la nourriture. Il faut dire que la bouffe et moi c’était un peu comme ma religion. Partout où je passais je remerciais le Saint Sandwich de me nourrir une nouvelle fois aujourd’hui et je m’étais donnée pour mission de me familiariser avec tous les patrons Turcs des Kebab de ma ville dans l’espoir d’hérité pendant leurs jours de bontés d’une barquette de frite ou deux. Dire que j’aimais manger serait un euphémisme car c’était en réalité une véritable adoration que je cultivais vis-à-vis de ce dernier.

« Je savais pas. » Me révéla-t-elle avec son adorable timbre de voix que je n’arrivais toujours pas à me sortir de la tête. « Mais j’en ai assez pour deux en tout cas ! » Halelujah. Je devais me retenir pour ne pas entamer une danse de boogie boogie. Assez pour deux, ça voulait dire qu’il y en avait pour quatre et c’était beaucoup plus que la boucher que j’espérais réussir à piquer. Les yeux pleins d’étoiles, j’attrapais les deux mains de Cléo que je joignais l’une contre l’autre.

« Tu as tellement une place réservé au Paradis ! Tu es la meilleure. » Et je le pensais vraiment, parce que dans le fond quelqu’un qui propose de partager son repas ne pouvait pas être méchant. I M P O S S I B L E.

L’atmosphère était clairement nettement plus détendu, je ne savais pas si c’était moi, mon attitude désinvolte mais la petite fille en face de moi commençait à prendre en assurance et cela faisait plaisir à voir. De mon côté je devais probablement avoir un peu trop d’assurance, mais derrière je ne pouvais pas me permettre de prendre les choses trop au sérieux parce que sinon ça voudrait dire qu’elles commencent à compter, et si les choses commencent à compter c’était presque toujours un mauvais signe pour moi.

Enfin, la gamine restait quand même mystérieuse, et je devais me faire violence pour ne pas la marteler de toutes les questions qui pouvaient me passer par la tête comme : à quoi était fait le sandwich ? Avait-elle déjà vécu la douce jouissance du caviar, du champagne et du foie gras mis ensemble pour un même pique-nique. Mais c’était peut-être un peu trop tôt pour faire preuve d’une telle familiarité. Après tout, la bouffe c’est sacré et j’avais du mal à me détacher de l’idée du repas qu’elle voulait partager avec moi. Je parlais, mais je ne savais plus vraiment pourquoi, mon esprit était ailleurs, dans mon estomac.
« Pourquoi tu trouves ça bizarre ? Moi je n’ai jamais rien entendu que ce mot… Ca se dit partout. »

« Je pense que cela ressemble juste à une expérience verlan ratée. Moldu, Du molle… Je sais pas, c’est juste pas super beau, enfin si c’est le mot il faut s’y habitué. » Puis elle éclata de rire ce qui en soit semblait déjà être un exploit. Son rire était clair et cristallin. Je ne m’y connaissais pas beaucoup en musique mais il y avait quelque chose de particulièrement mélodieux dans la sonorité de sa voix. Alors la seule réponse que je pouvais faire à un tel délice, c’était forcément un sourire accompagné d’un magnifique clin d’œil de mes yeux azurs. C’était d’ailleurs une de mes particularité physique que j’appréciais le plus mes yeux, et ils allaient de pair avec mes cheveux couleur corbeau et ma figure pâle.
« Ah bon ? »
« Oui, ma grande sœur est plutôt tarée comme ça. » Et je m’arrêtais là, non pas parce que j’avais pas d’histoire à raconter à son sujet, si j’avais été capable d’écrire plus de deux phrases sans faire dix fautes j’aurais pu en faire un livre, mais bien parce que la situation ne s’y prêtait pas vraiment. Je veux dire, je ne voyais pas comment caser le fait qu’elle ait brûlé la voiture d’un de ses ex après l’avoir martelé à coup de batte de baseball juste pour passer ses nerfs.

Elle hochait la tête quand je lui expliquais à quel point j’étais paumée lorsque l’on parlait cours. Les bouquins que l’on me faisait trimballer étaient tous plus complexes les uns que les autres, et parlaient de choses que je n’avais envisagé qu’après des soirées shootés à l’hélium. Elle semblait vouloir prendre mon parti mais malgré tout ce qu’elle pouvait me dire je sentais qu’elle était quand même un cran au-dessus de moi juste parce qu’elle avait toujours vécu le truc. Pour moi c’était nouveau, et j’étais paumée.
« Moi aussi j’ai regardé un peu et il y a des choses qui ont l’air d’être un peu plus complexes et difficiles, même lorsque l’on connait les termes… de toute façon je n’ai jamais utilisé de baguette magique non plus avant puisque je n’ai eu la mienne que lorsque l’on est allés l’acheter l’autre jour. Ca fait bizarre un peu d’avoir enfin la sienne. » Dans un geste quasiment réflexe je sortais la mienne à l’occasion. Elle était faite en bois de truc, et en cœur de machin. Elle était assez longue, mais pas trop. C’était quand même marrant de se dire que ce truc c’était le passe partout ultime. Fonction lampe-torche, clé universelle et tazer. Un objet pour lequel j’aurais tué quelque mois plus tôt, et qui était étrangement lourd maintenant qu’on me l’avait donné. J’étais pas aveugle ni complètement conne, je me rendais compte que pour une fille de mon milieu Poudlard c’était un peu le septième ciel, le Nirvana, la chance de ma vie et j’avais soudainement un peu peur que mes prédispositions naturelles n’accélèrent un processus de renvoi que j’avais l’habitude de prendre dans mes anciens établissements scolaires. Nerveusement je la remettais dans ma poche sans ne rien dire, avant d’à nouveau regarder ma compagne de voyage dans les yeux.
« On devrait se changer non ? On mangera après… Je ne pense pas qu’on doit être trop loin à part s’ils comptent nous faire faire un stage chez les esquimaux. » J’alliais le geste à la parole, et me redressais soudainement. Je sortais un élastique de ma poche pour attacher mes cheveux en natte avant de m’assurer que les rideaux étaient bien tirés de façon à ce que personne ne puisse entrer, puis je retirais mon t-shirt. Ma silhouette faisait dos à celle de Cléophée, mais son reflet que je pouvais observer dans la fenêtre m’indiquait qu’elle était clairement intriguée par une marque que j’avais finis par oublier sur mon corps. Une large cicatrice qui venait lézarder mon dos en diagonale comme si j’avais été marqué au fer rouge, ce qui au final n’était pas si loin de la vérité que ça.

« C’est une brûlure. » Révélais-je en essayant de sauvegarder l’humeur joyeuse que j’avais préservée jusque-là. « Quand j’étais petite ma maison a pris feu, mes parents n’ont pas eu de chance et je ne m’en suis sortie que parce que ma grande sœur m’a tiré de là. C’est après ça qu’elle a commencé à devenir bizarre et moi j’ai gardé cette marque. » Par bizarre je voulais vraiment dire effrayante parce qu’elle l’était vraiment.

« Tu devrais te changer toi aussi. » Révélais-j en retirant mon jean avant d’enfiler la robe que je m’étais achetée sur le Chemin de Traverse. « Je suis sûre que tu dois être super belle en uniforme. » M’asseyant en tailleurs sur les sièges du compartiment j’avais mes deux yeux rivés comme des phares sur la jeune O’Finnegan.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: It's look like an adventure [T.L] Ven 1 Aoû - 15:35

Aussi complexes étaient mes goûts d’un point de vue alimentaire, étaient finalement très simples les sandwich que m’avait concocté ma maman. Du pain et du jambon, je ne voulais pas grand chose de plus que ça et c’était très bien. Pas de beurre, je ne préférais pas, ça m’écoeurait. Toujours inquiète de la quantité de nourriture que j’avalais ou pas, dans le doute elle préférait qu’il y ait plus trop que pas assez et ce fut sans la moindre inquiétude que je me délestais de l’un d’entre eux pour l’offrir de bon cœur à Théa. L’instant suivant je me souciais de savoir si mes habitudes alimentaires en matière de sandwich n’allait pas être sujet à des commentaires parce que je n’en connaissais pas beaucoup à part moi qui se satisfaisait d’une tranche de jambon dans du pain et c’est tout et j’espérais juste qu’elle n’allait pas me juger là dessus, ou alors peut être qu’elle n’allait pas aimer et que la pauvre, elle allait se retrouver sans rien manger… Elle ne fit aucun commentaire sur le sujet, et au contraire, même pris même par surprise en s’exclamant :

- Tu as tellement une place réservé au Paradis ! Tu es la meilleure.


Sans le savoir, Théa avait visé en plein dans le mille, là où il le fallait pour flatter mon égo et le faire se sentir important tout à coup rendant instantanément la jeune fille un peu plus spéciale à mes yeux, parce que si je l’étais pour elle, elle l’était pour moi aussi… le fourmillement dans mon cœur fut de courte durée, ça arrivait très souvent lorsque venait juste ensuite le temps d’être raisonnable, celui où je me persuadais qu’elle disait juste ça comme ça, pour me remercier sans vraiment songer à l’impact que pouvaient avoir ses mots pour moi qui mettait toujours de la valeur dans mes gestes, mes paroles, mais que c’était loin d’être le cas de tout le monde. Sa gentillesse inspirait la confiance, mais après tout… ce qu’elle disait à moi, elle aurait pu le dire à n’importe qui d’autre, cédant une partie de son repas de midi ?

« Ce n’est pas grave », rien n’était jamais grave pour moi lorsque ça se passait comme ça, mais parfois malgré tout je m’interrogeai : comment se faisait-il que le schéma que j’adoptais, j’étais la seule à la suivre et qui était la cause de toutes mes désillusions ? Pourquoi est-ce que je ne pouvais pas simplement être… comme les autres ?

- C’est ma maman surtout, lui expliquai-je avec modestie, espérant clore le sujet car je n’étais pas très douée avec les compliments donc mon comportement s’avérait toujours être un peu bancal – enfin plus que d’habitude – lorsque c’était comme ça.

Après tout au fil de la discussion Théa montrait bien qu’elle passait avec tant d’aisance d’un sujet à un autre, lorsque de mon côté mes pensées restaient coincées en surface. Mais au moins, elle me forçait à naviguer un peu plus efficacement.

- Je pense que cela ressemble juste à une expérience verlan ratée. Moldu, Du molle… Je sais pas, c’est juste pas super beau, enfin si c’est le mot il faut s’y habitué.

Comprenant l’allusion, je me laissais à rire de nouveau, essayant de me mettre à sa place si je ne connaissais rien de tout ça, mais c’était quand même dur de se figurer quelque chose qui était ancré dans nos veines depuis toujours. Si j’en avais presque oublié l’inquiétude des quatre maisons de Poudlard, cette pensée ramena tout le reste au galop, me nouant l’estomac.

- Oui, ma grande sœur est plutôt tarée comme ça.

Au lieu d’éclaircir le mystère qui l’enveloppait la brune ne faisait que s’entourer un peu plus de brume et je distinguais tout cela de moins en moins bien. De nouvelles interrogations fleurissaient mais j’étais toujours soumise aux mêmes lois que m’indiquaient ma conscience depuis tout à l’heure. A la place, je répondis par une pirouette.

- J’ai pas de sœur, mais j’ai une cousine qui est déjà à Poudlard elle, dis-je en songeant à Nicola, évitée de peu dans le train.

- On devrait se changer non ? On mangera après… Je ne pense pas qu’on doit être trop loin à part s’ils comptent nous faire faire un stage chez les esquimaux.

C’était là que les choses se corsaient. J’avais du mal à déterminer si ça me dérangeait d’enlever mes vêtements pour en porter d’autres devant une inconnue, mais tandis que je calculais le temps que j’étais en train de mettre pour prendre dans ma valise ma tenue, je constatais qu’en tout cas, c’était loin d’être le cas de Théa, donc que cette anxiété était probablement injustifiée de ma part. je posai ma chemise mes genoux, partant à la recherche de ma jupe, et si je ne voulais pas paraître indélicate en observant Thea revêtir son uniforme, mes yeux étaient parfois attirés dans sa direction quand même et ne purent que rester bloqués sur la peau de son dos lorsqu’elle se débarrassa de son tee shirt. Une brûlure… Un malaise m’habita soudain pour elle face à des marques dont je savais l’apparence mais que je n’avais jamais vu pour de vrai jusque ici…

- C’est une brûlure. Quand j’étais petite ma maison a pris feu, mes parents n’ont pas eu de chance et je ne m’en suis sortie que parce que ma grande sœur m’a tiré de là. C’est après ça qu’elle a commencé à devenir bizarre et moi j’ai gardé cette marque.

Je retins ma respiration, prise sur le fait, parce que je ne m’étais pas attendue d’une part qu’elle remarque mon attention, mais aussi à cause de l’histoire. La bouche entre ouverte, je la refermai aussitôt, muette et ne sachant plus du tout ou regarder dans la pièce. Je réfléchissais à toute allure à présent, pas fichue de savoir ce que je devais faire avec ces révélations, me montrer indifférente pour ne pas la prendre en pitié car elle pouvait ne pas aimer, être compatissante au risque d’être trop niaise et de la vexer encore plus ?

- Oh pardon, ça n’avait pas été prononcé très fort et j’espérais presque qu’elle n’avait pas entendu, comme je m’étais exprimé à toute vitesse. Ne trouvant aucun commentaire à ajouter, autant ne rien dire, même si c’était sans doute inconvenant.

Machinalement, j’attrapai le reste de mes affaires, tout en étant un peu fébrile.

- Tu devrais te changer toi aussi. Je suis sûre que tu dois être super belle en uniforme.

Tant pis, j’avais loupé ma chance. Je ne pouvais plus remettre le sujet sur le tapis à présent.

Sans que je ne leur en donne l’autorisation, mes joues me chauffèrent et j’en étais sûre, s’étaient empourprées d’un joli rose vif face au nouveau compliment. Oh non, il ne fallait pas qu’elle le remarque !

- On aura sûrement la même allure… enfin, tu vois, comme ce sont les mêmes
, fis-je comme toute réponse, battant plusieurs fois des paupières tout en me prêtant à mon tour à l’exercice.

Je ne vérifiai pas si Théa me dévisageait pendant que je boutonnai ma chemise immaculé avant de passer par dessus le pull réglementaire, idem pour le reste. Lorsque j’eus terminé de me chausser, le trouble s’était légèrement dissipé, me rendant un peu mes moyens.

- Voilà… sans rien ajouter, j’attrapai mon en cas, c’est vrai que j’ai vraiment faim maintenant, révélai-je avant de m’autoriser à me tourner vers ma camarade de nouveau.  On peut dire que c’est notre dernier sandwich d’avant Poudlard.

Et il avait une saveur assez différente, sachant les conditions dans lesquelles j’étais amenée à le manger. Et avec qui.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: It's look like an adventure [T.L]

Revenir en haut Aller en bas

It's look like an adventure [T.L]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» [Partenariat] Warriors Cats Adventure
» to die will be an awfully big adventure | fini |
» sometimes, all you need is a bit of adventure - SAGITTA&DOLCE
» [Cultissime] Jojo's Bizarre Adventure
» Cat - Adventure.
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miam Hibou :: Bibliotheque :: Miamhibou's Chronical-